Un Satellite Verdoyant Met en Orbite Ton Mardi | A Verdant Satellite Orbiting Your Tuesday
Portrait d'une rose féministe
Un Carpe Diem à la Vi Khi Nao
Envoi d’une photo mardi 5 mai 2026 à 20h24. Envoi du poème A Verdant Satellite Orbiting Your Tuesday, mardi 5 mai à 20h43. 19 mn chrono. Et Vi Khi Nao s’empare du Carpe Diem ! Le Carpe Diem d’Horace, dans ses Odes, (Ode 1, vers 8), et à Ronsard « Cueillez, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie » dans son sonnet, Quand vous serez bien vieille, Sonnets pour Hélène. 12 vers comme autant de signes astrologiques.12 vers comme autant d’heures de jour et de nuit. La distorsion du temps et de l’espace s’opère dans la fugacité d’une seconde figée où la rose devient femme et la femme devient rose.
N’allons pas trop vite ! Car il faut dire que ce même mardi, j’ai reçu un IPad offert par la poète mais ce n’est pas lui qui mettra ce jour sur orbite, non ce sera une rose apportée par Myriam, mon amie belloprataine ! Ce qui en dit long sur l’âme de la poète ! Une rose, donc, moins capricieuse que celle du Petit Prince qui n’a besoin de globe que celui d’un regard attentif et si Vi Khi Nao la rend unique, c’est juste avec ses yeux et son coeur de poète.
On le sait, la rose, cette reine des fleurs, est un des langages de l’amour sous toutes ses formes de la passion à la tendresse en passant par l’amitié. Mais ici, l’amour précède la rose. Un amour engagé « From my part » en absence et en présence. Un amour à la fois charnel et spirituel « you will give a hug ». Et parce que la rose le vaut bien, le sens de « hug » varie selon les registres ; soutenu, étreinte ; officiel, accolade et familier câlin. Le choix de traduction implique donc l’éloignement confondu à la proximité.
Puis le temps fait son apparition avec « Meanwhile ». Le temps de l’amour se juxtapose au temps de cueillir une rose. Le temps d’aller chercher le sécateur, le temps de la choisir, de se baisser et de couper sa tige. Et voilà la rose dans une bouteille, pas n’importe laquelle, celle qui porte l’étiquette Coeur de pomme. Le fruit de la discorde d’Adam et Ève n’est jamais bien loin. La rose rose a donc trouvé sa place dans ce vase improvisé et puisqu’elle y est seule, il deviendra soliflore. N’est-ce pas ?
Puis la rose se fait femme ! Une jolie femme, arborant la couleur assignée au genre féminin, « A pink one ». L’apparence est sauve ! Est-ce une princesse des temps anciens à conquérir ? Une femme soumise au postulat du : ‘tais-toi et sois belle’ ? Dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir explore déjà ces figures féminines à travers notamment son analyse littéraire de Montherlant ou le pain du dégoût, et de D.H.Lawrence ou l’orgueil phallique. Et rassurons-nous, l’œil de Vi Khi Nao veille ! Avec lui au diable l’apparence, regardons vers cet ailleurs.
La métaphore hyperbolique « Decapitated from her intimate parts » met en relief la décapitation non de sa tête mais de ses parties intimes ? Le cerveau de la femme serait-il pour certains entre sa vulve et son vagin ? Oh ! Bien sûr que non ! Et l’effondrement de cette beauté éphémère se poursuit avec « Disconnected from her core ». Comme si être décapitée n’était pas suffisant, elle est aussi déconnectée de son coeur, de son essence même de ce qu’être une femme. Cela voudrait-il dire que, occupée à plaire, à accepter de n’être qu’un trou béant ; cela aurait amené la femme à s’éloigner de son être profond et n’ayons pas peur de le dire, de son âme ? Oh ! Délires de féministes !
Bien sûr, dans un éclair de conscience comment ne peut-elle pas être « wilting emotionally », (les femmes versent tellement dans la sensiblerie) sur son « diaphanous vase » ou sa prison dorée dans laquelle l’enferme le patriarcat ? On peut lire d’ailleurs le conte de Charles Perrault, la Belle au Bois Dormant comme une illustration de cette prison où seul le baiser du Prince Charmant réveillera la princesse. Et même si c’est la sorcière qui a lancé son sortilège. Encore aujourd’hui, quelle petite fille à l’intérieur de chaque femme princesse ne l’attend pas ? Et les romances actuelles continuent d’alimenter ce mythe, certes le cheval blanc est remplacé par le Smartphone.
Heureusement telle une Dalila, la poète sait que la chevelure est une force. À elle, de la coiffer ou pas, de la couper ou pas pour montrer sa rébellion. Les hommes le savent aussi puisqu’ils ont tondu des femmes qui avaient couché avec l’ennemi. « Comprenne qui voudra » écrira Éluard devant ce spectacle : « Moi, mon remords ce fut la malheureuse/qui resta sur le pavé […] découronnée défigurée ». Heureusement les poètes sont là ! Et dans le poème qui nous occupe les cheveux deviennent fusée qui se propulse non sur Mars, mais vers « a verdant satellite » comme un nouveau territoire à découvrir. Comment ?
Vi Khi Nao reprend la parole avec son « I » par une juxtaposition dont elle partage le secret avec Grabinoulor de Pierre-Albert Birot dans son ouvrage éponyme. Chez ces deux immenses poètes, leur œuvre et leur vie se confondent.
Ainsi la poète a d’abord imaginé, puis pensé et nous dit : « The rose drank a cup of coffee &/Then left ». Qui oserait dire qu’une rose a bu son café et est partie, sinon une poète ?
Enfin si en 1949 Simone de Beauvoir écrit dans Le Deuxième Sexe « On ne naît pas femme, on le devient » en 2026, Vi Khi Nao ne nous invite-t-elle pas à imaginer, penser, dire et faire pour justement devenir femme ?
Amoureuse de littératures française et étrangères, Marie Gazeau s’intéresse particulièrement à l’œuvre de Vi Khi Nao. Elle a traduit ses Trois Mouvements Saphiques en français. Elle vit en Anjou, France.
A Carpe Diem in the Style of Vi Khi Nao
A photo sent on Tuesday, May 5, 2026, at 8:24 PM. The poem “A Verdant Satellite Orbiting Your Tuesday” sent Tuesday, May 5, at 8:43 PM. 19 minutes flat. And Vi Khi Nao seizes the Carpe Diem! The Carpe Diem of Horace, in his Odes (Ode 1, verse 8), and of Ronsard: “Gather, gather today the roses of life” in his sonnet When You Are Very Old (Sonnets for Hélène). 12 lines, like the twelve signs of the zodiac. 12 lines, like the twelve hours of day and night. A distortion of time and space occurs within the fleetingness of a frozen second, where the rose1 becomes woman and the woman becomes rose.
Let’s not go too fast! For it must be said that on this same Tuesday, I received an iPad gifted by the poet, but it isn’t what will set this day into orbit—no, it will be a rose brought by Myriam, my friend from Beaupréau! Which speaks volumes about the poet’s soul. A rose, then, less capricious than that of The Little Prince, needing no globe other than that of an attentive gaze; and if Vi Khi Nao makes it unique, she does so simply with her eyes and her poet’s heart.
As we know, the rose—that queen of flowers—is one of the languages of love in all its forms, from passion to tenderness to friendship. But here, love precedes the rose. A committed love, “From my part,” in both absence and presence. A love both carnal and spiritual: “you will give a hug.” And because the rose is worth it, the meaning of “hug” varies according to the register: formal, an embrace; official, an accolade; and colloquial, a cuddle. The choice of translation thus implies distance blurred with proximity.
Then time makes its appearance with “Meanwhile.” The time of love is juxtaposed with the time of picking a rose. The time to fetch the pruning shears, the time to choose it, to bend down and cut its stem. And there is the rose in a bottle—and not just any bottle, but one bearing the label Cœur de Pomme (Apple Heart). The fruit of discord of Adam and Eve is never far away. The pink rose has thus found its place in this improvised vase, and since it is alone there, it becomes a soliflore. Does it not?
Then the rose becomes woman! A pretty woman, sporting the color assigned to the female gender: “A pink one.” Appearances are saved! Is she a princess of ancient times to be conquered? A woman subject to the postulate: “be beautiful and shut up”? In The Second Sex, Simone de Beauvoir already explored these female figures, notably through her literary analysis of Montherlant (the “bread of disgust”) and D.H. Lawrence (phallic pride). But rest assured, Vi Khi Nao’s eye is watching! With her, to hell with appearances; let us look toward that “elsewhere.”
The hyperbolic metaphor “Decapitated from her intimate parts” highlights a decapitation—not of her head, but of her intimate parts? Could a woman’s brain, for some, be located between her vulva and her vagina? Oh! Of course not! And the collapse of this ephemeral beauty continues with “Disconnected from her core.” As if being decapitated weren’t enough, she is also disconnected from her heart, from her very essence of what it means to be a woman. Could this mean that, busy pleasing, accepting being nothing more than a “gaping hole,” the woman has been led away from her inner being—and let’s not be afraid to say it—from her soul? Oh! Feminist delusions!
Of course, in a flash of consciousness, how could she not be “wilting emotionally” (women indulge so much in sentimentality) upon “her diaphanous vase,” or the golden prison in which patriarchy confines her? One can, moreover, read Charles Perrault’s tale Sleeping Beauty as an illustration of this prison where only the kiss of Prince Charming will awaken the princess. Even if it was a witch who cast the spell. Still today, what little girl inside every princess-woman is not waiting for him? And modern romances continue to feed this myth, though the white horse has been replaced by the smartphone.
Fortunately, like a Delilah, the poet knows that hair is a strength. It is hers to style or not, to cut or not, to show her rebellion. Men know it too, as they shaved the heads of women who had slept with the enemy. “Understand who will,” Éluard would write before this spectacle: “As for me, my remorse was the unfortunate girl / who remained on the pavement [...] uncrowned, disfigured.” Fortunately, the poets are here! And in the poem at hand, hair becomes a rocket propelling itself not toward Mars, but toward “a verdant satellite,” like a new territory to be discovered. How?
Vi Khi Nao speaks again with her “I” through a juxtaposition whose secret she shares with Pierre-Albert Birot’s Grabinoulor. For these two immense poets, work and life merge. Thus, the poet first imagined, then thought, and tells us: “The rose drank a cup of coffee & / Then left.” Who would dare say that a rose drank its coffee and left, if not a poet?
Finally, if in 1949 Simone de Beauvoir wrote in The Second Sex, “One is not born a woman, one becomes one,” does not Vi Khi Nao, in 2026, invite us to imagine, think, say, and do—precisely to become woman?
A lover of French and foreign literature, Marie Gazeau is particularly interested in the work of Vi Khi Nao. She has translated her Three Sapphic Movements into French. She lives in Anjou, France.
Photo credit: Sadie Smith




Je suis à bonne école Vi...
1. Time is the great evil. You tame its terror beautifully here, Marie, through a depth of poetic knowledge (reminds me of Gayatri Spivak describing herself, in an interview, as "muscle-bound with knowledge.")
2. "Who would dare say that a rose drank its coffee and left, if not a poet?" -- As it turns out, rose bushes love to drink from the dregs of a half-finished coffee cup. Someone told me once. (Serendipity.)
3. Hugs.