Lectrice de Vi Khi Nao’s My Ardent Love for The Pencil
Le portrait du vendredi - The Friday portrait
« Je vous assure, » me dit-elle, « Cinq minutes auparavant, je ne connaissais absolument pas Vi Khi Nao. Il a suffi d’une phrase de son My Ardent Love for The Pencil, pour que l’évidence s’impose. Une sorte de coup de foudre littéraire, d’un « parce que c’était elle parce que c’était moi. » J’avais la ferme intuition d’avoir rencontré une grande poète, une poète du monde. Intuition qui est devenue certitude par la lecture approfondie de son oeuvre. Que dites-vous de cette phrase : ‘‘Je pense que le principal problème avec mon écriture c’est que j’utilise beaucoup trop de mots.’’ (p24)? » - Ah, c’est votre fameuse… « Vous comprenez, quand j’intercepte cette phrase, je vois tout de suite la quête de Pierre Soulages, faire jaillir la lumière du noir. ‘‘C’est juste moi et mes ténèbres.’’ (p.21). J’entends aussi la recherche d’un Philipp Glass, ‘‘Une répétition est aussi un dispositif supplémentaire. Cela frotte le clitoris du texte encore et encore pour le titiller de manière subliminale.’’ (p36) Et j’y admire aussi la sobriété d’un jardin zen dans son essence graphique et minimaliste, ‘‘Le dispositif de l’intimité est aussi de faire en sorte que le texte ait une conscience de lui-même’’ (p35). Mais je ne suis pas une artiste, juste une simple lectrice. Et ça me résonne. Ai-je aussi trop de mots dans ma vie ? Ai-je ce trop qui m’empêche d’avancer ? N’est-ce pas une invitation au dénuement pour trouver l’essentiel ? D’ailleurs sa première et dernière phrase se terminent pas un point d’interrogation… Vi Khi Nao, ne nous inviterait-elle pas à exercer la maïeutique du désir ? »
« J’ai donc pris le livre et commencé ma lecture. Et là, j’ai eu l’impression de monter dans une Ferrari, et ce n’était pas le vent qui me décoiffait, mais plutôt l’enchaînement des phrases, des thèmes. Tout va vite et parfois les virages amorcées à fond de train vous font suspendre votre souffle. » - C’est amusant… La lectrice, en aparté. Ça se gausse de faire des reportages et ça n’écoute pas ! « Regardez par exemple à la page 57, il y est question de bouteilles d’eau, munitions, de nonnes nues, de félicitations, disputes et de vent. Vous allez me dire que c’est un peu surréaliste, oui peut-être, mais c’est surtout une occasion pour le lecteur de sortir de sa zone de confort pour oser regarder autrement et même déconstruire ce qui lui paraît comme acquis. Et c’est bien là où réside le projet poétique de Vi Khi Nao car si pour le lecteur cela peut apparaître comme « un acte de trahison » face à ce qu’il peut connaître, il s’agit pour la poète d’une nécessité pour ‘‘la vitalité du texte’’. Et ce n’est pas non plus le Zibaldone de Leopardi, c’est une plongée naotienne au coeur même d’une vie d’aujourd’hui. Tout le foisonnement de la vie est prétexte à l’écriture. Ainsi les événements sombres, banals, lyriques de la vie se font Textes. »
Et si vous lui demandez une dédicace, elle rechigne (un peu), oh ce n’est pas par avarice, Vi Khi Nao est intrinsèquement généreuse, mais puisque son Pencil et elle ne font qu’un dans une Ardent love et dans toute son oeuvre, que peut-elle ajouter de plus ? Cela me fait penser à un passage des Contemplations, de Victor Hugo : « car le mot, qu’on le sache est une chose vivante ». Dans My Ardent Love for The Pencil, les mots de Vi Khi Nao sont bien vivants puisqu’ils nous parlent ! »
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Biographie. Amoureuse de littératures française et étrangères, Marie Gazeau s’intéresse particulièrement à l’œuvre de Vi Khi Nao. Elle a traduit ses Trois Mouvements Saphiques en français. Elle vit en Anjou, France.
Reader of Vi Khi Nao’s My Ardent Love for The Pencil
“I assure you,” she told me, “five minutes earlier, I knew absolutely nothing about Vi Khi Nao. A single sentence from her *My Ardent Love for The Pencil* was enough to make it obvious. A kind of literary thunderbolt, a ‘because it was her, because it was me.’ I had a strong feeling that I had met a great poet, a poet of the world. This intuition became certainty through a thorough reading of her work. What do you think of this sentence: ‘I think the primary problem with my writing is that I use too many words.’ (p. 24)?” – “Ah, that’s your famous… ‘‘You see, when I come across that sentence, I immediately see Pierre Soulages’ quest, to bring forth light from darkness. ‘It is just me and my darkness.’ (p. 21).” I also hear echoes of Philip Glass’s search for meaning: “Repetition is also a device of foreplay. It rubs the clitoris of the text over and over again to subliminally titillate it.” (p36) But I’m not an artist, just a simple reader. And it resonates with me. Do I also have too many words in my life? Is this excess preventing me from moving forward? Isn’t it an invitation to strip away the superfluous in order to find what is essential? Besides, her first and last sentences end with a question mark… Vi Khi Nao, isn’t she inviting us to practice the maieutic method of desire?
“So I picked up the book and began reading. And then, I felt like I was getting into a Ferrari, and it wasn’t the wind that was ruffling my hair, but rather the rapid succession of sentences, of themes. Everything moves fast, and sometimes the whirlwind of love takes you by surprise.” “It’s amusing…” The reader, aside. “They boast about doing reports and then they don’t listen! Look, for example, at page 57. It talks about water bottles, bullets, naked nuns, congratulations, fighting, and wind. You might say it’s a bit surreal, and yes, perhaps, but it’s primarily an opportunity for the reader to step outside their comfort zone, to dare to see things differently, and even to deconstruct what they take for granted. And that’s precisely where Vi Khi Nao’s poetic project lies, because while for the reader it might appear as “an act of betrayal” in the face of what they may already know, for the poet it’s a necessity for “the vitality of the text.” And it’s not Leopardi’s Zibaldone either; it’s a Naotian plunge into the very heart of contemporary life. All the teeming richness of life is a pretext for writing. Thus, the dark, banal, lyrical events of life become Texts.
And if you ask her for a dedication, she hesitates (a little), oh, it’s not out of stinginess—Vi Khi Nao is fundamentally generous—but since she and her Pencil are one in an Ardent Love and throughout her entire work, what more can she add? It reminds me of a passage from Victor Hugo’s Contemplations: “for the word, let it be known, is a living chosen one.” In My Ardent Love for The Pencil, Vi Khi Nao’s words are truly alive because they speak to us!
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Biography. A lover of French and foreign literature, Marie Gazeau is particularly interested in the work of Vi Khi Nao. She has translated her Three Sapphic Movements into French. She lives in Anjou, France.



Vi !!! Je suis très émue de lire cela et d'être cette petite étincelle puisque justement ce monde a réellement besoin de toi !
Vi !!! I'm deeply moved to read this. Being that spark means a lot, as the world definitely needs you!
Marie, c'est un si beau commentaire. J'adore l'image de toi au volant d'une Ferrari !!! Tes cheveux au vent, et ma poésie te traversant tel le souffle des violettes et des fleurs printanières de mai. Merci infiniment pour ton esprit curieux et réfléchi.